samedi 31 juillet 2010

Comme promis

Comme promis!!! voici le cochon emporté par les eaux. Notez au tout début du vidéo à gauche la vague de déchets qui vient tout juste de passer et le niveau d'eau qui monte à vue d'oeil. Habituellement c'est complètement sec dans cette ravine.

vendredi 30 juillet 2010

Les suites...

Bon... et bien lundi c'était un peu la pointe de l'iceberg, où les gouttes ont rempli le vase à raz bord... et il a débordé aujourd'hui.

Tout au long de la semaine j'ai tenté de faire entendre d'abord, et comprendre ensuite au coordo santé que je n'avais pas les moyens ou le support nécessaire pour faire le travail. J'entendais un peu comme message par les gens de l'admin et de la logistique que j'aurais dû savoir que d'aller partir une antenne ça sous-entendait faire de l'administration et de la logistique... et que si j'étais pas capable de le faire fallait envoyer quelqu'un d'autre. C'est pas bon pour mon orgueil ça. J'ai donc compris aujourd'hui qu'on attendait de moi que je porte trois chapeaux, donc, car au travers de tout ça je dois encore être physiothérapeute. À priori je n'ai pas de problème avec ça, en autant qu'on me forme pour le faire. Mais non, c'est tout à l'arrache.

Quand on m'a rechanté le même discours, en me disant que ce qui m'empoisonne la vie aux Gonaïves en fait c'est des broutilles pour Port-au-Prince, et que je ne devrais donc pas m'en faire avec ça, ben le vase a débordé. Et comme par hasard la chef de mission passait par là. Elle m'a écouté, et sur le champ a décidé qu'on fermait l'antenne de Gonaïves, qu'on allait lister tous les problèmes, proposer des solutions et un plan d'action, avec le coordo santé, qui serait retourné à la chef de mission pour approbation, avant qu'on envisage de réouvrir l'antenne là-bas. "Et si quand ils voudront te renvoyer tu considères que ça n'est pas prêt tu m'appelles!"

Donc je suis à Port-au-Prince pour une durée indéterminée. Le temps qu'on règle les questions de logistique, d'administration, de recrutement de personnel, et j'en passe. C'est vraiment peu probable que je retourne aux Gonaïves d'ici la fin de ma mission, mais j'espère que le terrain sera bien préparé pour les suivants. Et si j'ai du temps libre, il y a encore amplement de travail à faire sur les antennes de Port-au-Prince... Mais pas d'administration ou de logistique.

Je rentre au pays le 14 août dans la soirée.

mardi 27 juillet 2010

Ceci est un pétage de coche

Comme ça vous êtes prévenus.





Ça peut devenir drôlement difficile de faire un travail quand on a des exigences et des échéances précises à respecter, qu'on nous promet les moyens de faire ce travail et qu'ils arrivent au compte-gouttes...
Quand la logistique qui devrait supporter notre travail est un obstacle...
Quand on nous rend responsable du non respect des procédures alors que personne ne nous forme à ces dites procédures...

Aujourd'hui ça va mieux, hier c'était pas beau. J'ai hâte de compter les dodos.

dimanche 25 juillet 2010

En attendant

Cet intermède est une présentation de ma connexion internet mauvaise qui ne veut pas que j'upload mon lourd vidéo. C'est partie remise, je devrais être jeudi soir à Port-au-Prince où ça sera mieux j'espère.

Samedi, on a passé un super bel après-midi à l'Haïtienne. C'était la première fois que j'étais invitée, ainsi que mes deux colocs, chez un Haïtien. J'ai visité plein de maisons, mais toujours dans un objectif de travail. Dès mon arrivée aux Gonaïves, Paul André un de nos chauffeurs m'avait parlé de son frère décédé, qui avait une propriété pleine de cocotiers. Il continue à visiter régulièrement la maison. Ses proches ne veulent pas qu'il y habite car c'est trop isolé, mais il nous invitait, Daniel et moi à aller déguster l'eau de coco un après-midi à notre convenance. C'était hier et Claire était aussi de la partie. Jonathan, un ami proche de Paul nous a reçus dans la maison du défunt frère. C'est lui qui s'occupe principalement des lieux maintenant.

Ils ont donc descendu les noix des arbres et les ont arrangées devant nous en gobelets auxquels on pouvait boire directement. Jamais goûté de noix de coco aussi fraîche! C'était bien bon. Mais ce n'était pas tout, car Jonathan fait aussi apiculteur. Et on a aussi pu déguster le miel directement sur le rayon. Un miel foncé et goûteux. Jonathan nous a parlé de ses abeilles paresseuses... la végétation est pauvre en fleurs et la production est médiocre. Il empote cependant à tous les mois ou deux mois et vend le "sirop" ou en fait cadeau à ses amis. Il doit venir nous en vendre à la maison quand il aura pu séparer le miel de la cire. Apparemment il fabrique aussi des bougies. Il a parlé aussi de la difficulté de se procurer l'équipement nécessaire en Haïti... quelqu'un a des contacts au Québec?

Comme je ne peux pas m'en empêcher quand j'ai à proximité des feuilles de palmier, j'ai fait pour Claire une sauterelle. J'avais appris à faire ça à Cuba, lors de mon premier voyage à l'étranger. Les Cubains nous avaient montré. Ils appellent ça des esperanzas, parce que c'est de la couleur de l'espoir. Apparemment ça porte chance. Et Jonathan a voulu apprendre. L'après-midi s'est terminé en séance de tissage collectif!! J'étais bien contente parce que ça permettait un véritable échange avec les gens qui nous recevaient.

Aussi, on a pendu la crémaillère hier soir à la maison. On a reçu quelques personnes d'ACF et de l'Alliance Française, et aussi Paul André qui est venu faire son tour. Bien sympa.

Aujourd'hui, mon unique objectif fut de garder le contrôle sur moi pour ne pas péter une crise contre les moustiques particulièrement agressifs... Sérieux j'en peux pu.

vendredi 23 juillet 2010

Spécial la semaine verte

Juste pour René. Après si vous êtes gentils, je vous mets mon vidéo du cochon qui est emporté par une rivière de boue lors de la grosse pluie de mardi dernier.

Bon. J'ai posé quand même quelques questions et appris plusieurs choses intéressantes sur différents secteurs agricoles ici. D'abord, il y a beaucoup de production maraîchère dans les banlieues des grandes villes. Ainsi, sur les hauteurs de Port-au-Prince, les montagnes sont organisées en plateau et ça donne un paysage fantastique, mais malheureusement je n'ai pas de photo. On descend par camion le fruit de la récolte en ville ou les commerçantes négocient le pris en gros avant de revendre au détail dans la rue, espérant se faire un petit profit.

Dans la région de l'Artibonite, on cultive le riz. Il y a d'immenses plaines inondables au pied des montagnes qui sont parfaites pour ça. Les travailleurs des champs viennent surtout du nord, comme les Mexicains qui viennent chez nous l'été arrivent du sud, pour faire le travail. Les gens de la place obtiennent généralement des emplois de superviseurs. C'est Paul André un des chauffeurs des Gonaïves qui m'a expliqué ça. Sur des kilomètres, le long de la route, on voit les hommes, surtout, qui travaillent penchés à semer de petites pousses, qui arrivent à dos d'âne dans des paniers. Aussi, dans les champs mûrs on les voit s'affairer à la récolte, le sasser, le sécher.

Pour les animaux, ben je n'ai pas encore trop compris comment ils déterminent qu'est-ce qui est à qui. On vend certains animaux vivants au marché, les poules entre autres. Et on entend les coqs partout le matin. On voit régulièrement 2-3 poules qui picorent dans un tas de déchets en ville. Les chèvres sont aussi partout, mais à qui? Ainsi que les cochons, bien qu'en moins grand nombres. Sur la route on doit régulièrement céder le passage à une petite famille, poules, canards, chèvres, cochons... Parfois dans un champ on aperçoit un boeuf, un âne, un cheval, maigres la plupart du temps, parfois attaché à un arbre. Très peu de moutons ici! On m'a dit que la viande de mouton est très peu consommée en raison de différentes croyances. Ils ne savent pas ce qu'ils manquent!!

Mais que rajouter de plus!

dimanche 18 juillet 2010

Maison Gonaïves

Enfin déménagés dans le logement permanent aux Gonaïves!!! Bon pas que c'est entièrement fonctionnel encore... On dépend complètement d'EDH (Électricité d'Haïti) pour l'électricité, si y'a panne de carburant ou intempéries importantes à court terme c'est foutu. On va avoir un générateur fonctionnel sous peu, il nous manque un inverteur je pense, enfin j'y connais rien c'est Daniel qui dit ça. Le voltage de la machine n'est pas compatible avec celui de la maison.

La gazinière n'est pas branchée, problème de raccordement de tuyaux. Faudra que ça soit réglé demain.

On a un frigo électrique qui peut marcher à peu près, tant qu'on a l'électricité quoi!

J'ai une grande chambre à moi toute seule, avec un vrai lit et des vrais draps. Ça c'est bien. Et aussi y'a de grandes fenêtres tout le tour de la maison. On a trois chambres sur un même plancher, avec une grande pièce à l'entrée qui sera éventuellement un bureau. Y'a deux salles de bain et bien sûr une petite cuisine. Les armoires se remplissent tranquillement.

La cour est bétonnée à la grandeur mais y'a quelques îlots avec des arbres à fleurs. Juste pour avoir notre espace à nous et du calme quand on en a besoin ça fait vraiment du bien. Aujourd'hui j'ai pu faire la grasse mat jusqu'à 10h40... du jamais vu ici encore!

Et la semaine on a quelqu'un qui va cuisiner et faire le ménage et la lessive... c'est même pas du luxe avec les horaires qu'on fait.

C'était vraiment bruyant la nuit dernière chez les voisins. J'espère que la semaine ça sera un peu plus calme. Maintenant il pleut pas mal depuis une bonne demi-heure... ça devrait calmer un peu tout le monde.